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MICHAEL CAINE, UN ANGLAIS BIEN TRANQUILLE

185 films et une cinquantaine d’années de carrière ont offert à Michael Caine l’occasion d’imposer au cinéma une personnalité à part, britannique jusqu’au bout des ongles. Il n’est pas une star, mais mieux que cela : c’est un acteur culte. L’homme n’est pas de ceux dont on admire le physique, mais de ceux dont on retient la qualité des rôles et de l’interprétation. Caine a toujours su choisir des personnages jouant de son flegme et de son humour naturels pour se constituer une filmographie inoubliable. Volontiers caustiques, voire sarcastiques, et souvent impitoyables, les personnages qu’il interprète révèlent le caractère bien trempé de l’acteur.

Une jeunesse pauvre

De son vrai nom Maurice Micklewhite, Michael Caine est né le 14 mars 1933 dans l’un des quartiers les plus pauvres de Londres. Son père est livreur de poisson, sa mère femme de ménage, aussi tout n’est-il pas offert sur un plateau au jeune Maurice. De retour à Londres après la guerre, il découvre les planches dans les spectacles d’une scolarité sans histoire, mais doit quitter le lycée à seize ans pour gagner sa vie. Il exercera divers petits métiers avant d’effectuer deux ans de service militaire en Corée, d’où il revient renforcé d’avoir trop souvent côtoyé la mort. C’est dans l’usine où il est malaxeur de beurre qu’il découvre l’annonce d’un quotidien demandant des jeunes acteurs pour de la figuration et des petits rôles. Il a 19 ans et tente sa chance ; il fera du théâtre pendant neuf ans, sous le pseudonyme de Michael Scott. Si certaines des pièces qu’il joue sont diffusées à la télévision il reste un parfait inconnu, et lorsque les tournées le ramènent à Londres il cherche des rôles au cinéma. C’est son agent qui lui en offre l’opportunité, en lui décrochant un petit rôle dans le second film d’un réalisateur tout aussi inconnu. Problème : il y a déjà un – authentique – Michael Scott dans la distribution.  Face à la cabine téléphonique d’où Maurice Micklewhite appelle, un cinéma programme Ouragan sur le Caine. Ce sera Michel Caine. Nous sommes en 1956.

Un compliment de Laurence Olivier

Une quinzaine d’apparitions suivront ce premier film avant que Zoulou (1964) lui offre son premier vrai rôle, qui lui permettra de décrocher celui d’Alfie le dragueur,qui fait de lui une vedette (six nominations aux Oscars et une aux Golden Globes) deux ans plus tard. Dès lors Michael Caine n’arrêtera plus de tourner. Ce seront Que vienne la nuit, en 1967, L’or se barre (1969), Le limier, de Mankiewicz (1972), qui lui vaudra deux nouvelles nominations aux Oscars et aux Golden Globes, dans lequel il joue seul face au légendaire Laurence Olivier. Caine est un jeune acteur face au monstre sacré. Il ne se laisse pourtant pas démonter, et annonce d’emblée à la star qu’il n’entend pas être un faire-valoir. A la fin du tournage, Olivier viendra le trouver pour lui dire « Je pensais trouver un assistant, j’ai eu un vrai partenaire ». Un compliment que Caine a toujours en mémoire. 25 ans plus tard, Kenneth Branagh réalisera le remake du Limier, et fera malicieusement jouer le rôle de Laurence Olivier par Michael Caine, confiant le rôle de celui-ci à Jude Law.

Il y aura aussi L’homme qui voulut être roi, avec Sean Connery au faîte de sa gloire. John Huston avait prévu Bogart et Gable pour les rôles, la mort de Boggie l’en a empêché. Il reste le film préféré de Caine. De nouveau nominé aux Oscars pour L’éducation de Rita, en 1984, il décroche un Golden Globe et un BAFTA. Il lui faudra attendre Hannah et ses sœurs, de Woody Allen, en 1987, pour empoigner enfin la célèbre petite statuette. Qu’il décrochera une deuxième fois treize ans plus tard pour L’œuvre de Dieu, la part du diable, de Lasse HallStröm, avant d’être de nouveau nominé en 2003 (Oscars, BAFTA et Golden Globes) pour Un Américain bien tranquille.

Magistral dans les rôles troubles d’agent secret plus réalistes que James Bond, il s’en voit proposer plusieurs, qui marquent le genre à défaut de sa carrière. Ainsi Le quatrième protocole, tiré du roman de Frédérick Forsyth, Un Américain bien tranquille ou, injustement méconnu, Blue Ice, dans lequel il excelle en ex des services secrets reconverti gérant de club de jazz. Plus près de nous, sa participation aux deux derniers Batman (Batman Begins et The Dark Knight), puis dans Inception, l’un des principaux blockbusters de 2010, aura eu l’avantage de le faire découvrir par la jeune génération.

Politiquement incorrect

Ce début d’année marque son retour dans un premier rôle fort, celui d’Harry Brown, dans lequel il joue un papy flingueur dans un quartier de Londres défavorisé. L’histoire est celle d’un ancien marine à la retraite, que l’impuissance de la police à faire régner l’ordre dans son quartier décide à faire le ménage lui-même après le meurtre d’un de ses vieux amis. Le Londres que dépeint le film n’est pas celui des beaux quartiers, des avenues propres et des parcs bien entretenus mais celui des ruelles sales et des barres d’immeubles sordides tenues par des petits caïds. Un vrai film noir à la mise en scène tonique. Outre-Manche la presse de gauche a jugé le film réactionnaire, celle de droite l’a considéré exagéré. Difficile de plaire à tout le monde, Harry Brown est jugé politiquement incorrect de tous bords. Caine, qui a grandi dans le quartier, l’estime pourtant bien timide par rapport à la réalité et le considère plutôt comme un documentaire, insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un film violent mais d’un film sur la violence. « Le film décrit la réalité telle qu’elle est. (…) On m’a demandé s’il était comparable à Un justicier dans la ville, et la réponse est : Non, en aucun cas. On est ici en présence d’un vieil homme qui n’a pas la moindre envie d’agir ainsi, mais qui vit dans un monde violent. En ce sens, le film fait penser à un western urbain. (…) A l’image d’Harry Brown, on comprend comment des personnes innocentes deviennent des criminels, simplement pour se défendre. On lit constamment dans les journaux des titres comme « La police arrête un homme qui se défendait » ou « Un homme abattu en tentant de se défendre ». Je ne vis plus dans cet environnement social défavorisé, mais pour y avoir grandi, je le comprends très bien. Avec ce rôle, j’ai le sentiment de revivre nombre de mes propres expériences. J’ai vécu dans les cités, dans un environnement difficile, j’ai grandi dans une famille pauvre et j’ai été soldat ». A 77 ans, Caine n’oublie pas qu’il a, dans une autre vie, fréquenté des voyous, qui ont pour certains d’entre eux plongé dans le grand banditisme, et qu’il n’était lui-même pas le dernier à faire le coup de poing, à une époque où « les hooligans ressemblaient à Mary Poppins à côté des jeunes d’aujourd’hui ». Le voici aujourd’hui anobli par la reine, Chevalier de l’Ordre britannique et Commandeur des Arts et Lettres en France. Un joli bout de chemin, indeed.

Une autobiographie à suivre

Il y a une dizaine d’années, il pensait sa carrière à son terme et publiait What’s it all about ? (« De quoi s’agit-il ? »), son autobiographie. Il avait alors plus de soixante ans et les nanars qu’on lui avait proposé dans les années 80 l’avaient déprimé et résigné à une fin de carrière décevante. L’élément déclencheur du livre sera ce scénario qu’il recevra, lira et retournera au réalisateur, déclinant l’offre en précisant que le rôle qu’on lui propose n’est pas assez important. Retour du scénario au domicile de l’acteur : le rôle qui lui est proposé n’est pas celui de l’amant mais celui du père. Caine se voit à la retraite et livre What’s it all about ? Jusque là peu disert sur sa vie privée, il nous y conte par le menu sa rencontre avec sa femme Shakira, digne d’un scénario de cinéma. Caine prépare le dîner pour des amis dans son appartement londonien lorsqu’il découvre la jeune femme dans une publicité pour les cafés Maxwell House. C’est le coup de foudre immédiat – « Jamais je n’avais vu une plus belle femme de ma vie. Jamais je n’avais été chamboulé par une fille aperçue sur un écran jusque là. Mon cœur s’est emballé et j’avais les mains moites ». A ses amis qui constatent son trouble, il confie son intention de rencontrer la belle inconnue. On lui fait remarquer qu’il s’agit d’une publicité tournée au Brésil, et qu’il s’agit vraisemblablement d’un mannequin brésilien. Caine décide in petto de prendre le premier avion pour le Brésil et embarque son meilleur ami dans l’aventure. Objectif : se rendre sur place, se renseigner, la retrouver. Après avoir du attendre l’heure de fermeture de la chaine TV dans l’espoir d’une rediffusion du spot, ses amis parviennent à traîner Michael dans un club, espérant lui changer les idées. Mais à la première connaissance qu’il rencontre, l’acteur annonce qu’il est tombé amoureux de la fille de la publicité Maxwell. Par un hasard qui paraitrait too much au cinéma, l’homme en question travaille pour l’agence de publicité qui a tourné le spot. « Ta fille n’est pas Brésilienne, mais Indienne, elle s’appelle Shakira et elle habite Londres ». Il faudra quinze jours à l’acteur pour faire la connaissance de cette ex-Miss Guyane (où elle a grandi) venue en Angleterre concourir pour le titre de Miss Monde. Vingt-six ans plus tard, Michael et Shakira Caine forment toujours l’un des couples les plus stables d’Hollywood.

Le ton de What’s it all about ? est enlevé et relevé de notes d’humour et de pointes d’autodérision :  résolument britannique et conforme à l’image de son auteur. Il réalisera des chiffres de vente remarquables, le Sunday Times considérant qu’il s’agit du meilleur ouvrage du genre depuis l’autobiographie de David Niven. La vision de la vie de Caine rejoint d’ailleurs celle de son aîné, qui professait également que l’on n’est pas sur terre pour en baver mais pour en profiter, et que de ce point de vue acteur est décidément le meilleur métier du monde, puisqu’il consiste à être payé pour s’amuser. A 77 ans, Michael Caine estime que la vie a été incroyablement bonne avec lui et qu’il vit un rêve éveillé depuis cinquante ans. La simplicité des grands.