Soigner les prix et les détails

Dès l’année dernière, la maison a pris le parti d’offrir pour le prix d’une chemise de prestige un costume bénéficiant d’une coupe avantageuse (veste fitée et pantalon droit bas de 19, le tout très tendance) et de finitions soignées – doublures originales et boutonnières contrastées. Elle transforme l’essai avec sa collection A/H, 17 modèles en flanelle, unis, caviar ou à rayures tennis, plus pointus encore dans les détails.

Nous avons notamment remarqué un costume utilisant une flanelle grise à rayures roses Vitale Barberi, inaugurant une nouvelle doublure travaillée en trois étoffes et révélant un soin appréciable dans sa définition : trois boutonnières de poignets contrastées sur cinq, boutons chevauchés à l’italienne, milanaise contrastée, ganses de poches, quatre poches intérieures… difficile de faire mieux, avec un tissu de ce niveau, pour moins de 500 e.

Tout aussi remarquable, un très joli tissu caviar, bénéficiant des mêmes finitions, les boutonnières contrastées étant ici gris clair et non roses, et la doublure changeante du fait d’un travail spécifique en chaîne et trame. Ici aussi la coupe est nettement cintrée, deux pinces poitrine dessinant un devant valorisant, et deux fentes dos à 28 cm participant d’une silhouette très dandy. Le pantalon, coupe droite, est creusé au niveau de la cuisse parce que les hommes veulent aujourd’hui des pantalons plus ajustés, donc plus fuselés sur l’ensemble de la jambe et non plus simplement en bas. La taille est patronnée afin de diminuer le fond de culotte, pour obtenir un pantalon plus ajusté à ce niveau.

Signalons également quelques vestes de velours marron foncé uni ou à rayures roses, qui bénéficient elles aussi de finitions contrastées et sont montées dans des étoffes un peu plus légères que celles des costumes, pour lesquelles Henrique Enko reste fidèle au 470 gr., qui garantit une bonne tenue du pantalon. Malgré le caractère plus casual du velours, la coupe très cintrée de ces vestes leur confèrent une personnalité très habillée.

Il convient enfin de s’arrêter un instant sur les chemises, unies ou à rayures, qui se distinguent par des doublures de col et de poignets imprimées, et des boutons et boutonnières contrastées, et sont proposées elles aussi à des tarifs très placés. 

La réussite de la maison, qui trace imperturbablement son sillage dans la tempête actuelle, tient au positionnement voulu par Henrique (dont l’allure de conquistador moderne fait fi des modes), qui ne se contente pas de proposer ses produits à des tarifs placés (d’autres le font également) mais a eu l’inspiration de les doter d’un twist destiné à tous ceux qui demandent aujourd’hui un petit quelque chose de plus à leur costume, sans vouloir y investir des sommes trop conséquentes.