Mercedes CLS 450, le style d’abord

Mercedes CLS 450, toujours le style d’abord, mais sans renoncer au reste

On lui doit la catégorie des berlines-coupés. Avec la première CLS, Mercedes défrichait en 2004 une voie encore vierge et annonçait une niche à succès. Depuis lors bien d’autres constructeurs s’y sont invités, proposant à leur tour des berlines aux lignes élégantes, adressées à tous ceux qui ont besoin de quatre portes mais ne veulent pas tomber dans la voiture de Monsieur Toutlemonde. L’Etoile lance aujourd’hui la troisième génération du modèle, qui réserve son lot de bonnes surprises.

Yves Denis

La seconde version rompait avec les lignes hyper fluides de la première et proposait un style plus viril. La troisième apporte une rupture tout aussi radicale en terme de design, mais plus encore à l’intérieur, où elle est la première à proposer cinq places (les quatre des deux précédentes ayant constitué un frein à la vente identifié par les études produit). Par ailleurs, la CLS III abandonne la version shooting break qui n’a pas connu le succès escompté, et surtout inaugure toute une nouvelle génération de moteurs. Six cylindres en ligne exclusivement, un essence et deux diesel. En attendant la future 53 AMG, la version la plus puissante est la 450 essence que nous avons essayée.

Elle est motorisée par un 3.0 litres turbo de 367 chevaux boosté par un petit moteur électrique de 22 chevaux, qui n’a pas vocation à faire rouler la voiture en tout électrique mais à fournir un soutien au bloc thermique lors des accélérations.

La première impression est que l’on a perdu dans la Mercedes CLS 450 , ces lignes extraordinaires qui caractérisaient les CLS I et II. La troisième du nom adopte un style moins atypique, plus consensuel, et se distingue moins des autres modèles de la gamme que ses aînées. Si le profil et l’arrière restent fluides, avec ses optiques en pointe et sa calandre élargie l’avant de la voiture est moins élégant (objectif), moins séduisant (subjectif). En terme de dessin, la première impression est donc mitigée. Elle change elle aussi radicalement en découvrant l’intérieur. Jamais encore la CLS n’a proposé un habitacle aussi spacieux ni aussi luxueux. Son tableau n’est plus original comme celui des deux premières générations, mais paraît avoir été emprunté aux Classe S et coupé CL : difficile d’espérer mieux. Toujours traité façon mobilier de yacht il constitue, dans la version cuir blanc cassé et bois blond mat qui équipait notre voiture, un must du genre. On ne saurait trop recommander (on se demande comment il peut se vendre encore autant d’habitacles noirs façon corbillards !) l’une des teintes claires proposées, tant l’impression d’espace qu’elles dispensent est indiscutable. De plus, la découpe du tableau de bord très échancrée sur l’avant dégage un espace aux jambes remarquable et participe de cette impression.

Habitacle fabuleux – malgré quelques réserves

Mercedes CLS 450

Sans surprise les finitions sont soignées et les matériaux nettement hauts de gamme : carton plein pour cet habitacle accueillant, visiblement destiné à choyer ses occupants. Deux petites réserves : l’habillage cuir Nappa du tableau de bord reste en option, mais celle-ci est cette fois raisonnable (900 euros seulement), et le pavillon en alcantara reste aux abonnés absents, ce qui est tout de même dommage.

Gros, très gros bon point en revanche pour la hifi Burmeister, quasiment équivalentes aux meilleures B&O, qui distille un son d’une finesse (et d’une puissance) remarquable, digne des concours IASCA des années 90. Son utilisation est cependant toujours hypothéquée par la pire ergonomie des commandes qui se puisse imaginer, et l’accès à certaines de ses commandes est carrément kafkaïen – de grâce, Monsieur Mercedes : vire-nous le type qui a validé cette ergonomie de l’intertainment impossible et prend exemple sur la simplicité de celles de BMW, pour ne donner qu’un exemple.

Bon point encore pour l’affichage tête haute, enfin disponible (bien que en option seulement, ce qui est regrettable), qui faisait cruellement défaut à la génération précédente tant, comme l’ABS ou la navigation, il est difficile de s’en passer une fois que l’on y a goûté.

Côté confort, les sièges avant de la Mercedes CLS 450 restent exemplaires et, outre les réglages de position habituels, le chauffage, le rafraîchissement et le massage, proposent toujours l’option Dynamique, qui commande le gonflement automatique de coussins de maintien du côté extérieur des virages, contrebalançant lors de ceux-ci la force centrifuge et évitant la mobilisation reflexe des muscles dorsaux – un plus que nous nous étonnons depuis quinze ans de n’avoir jamais vu repris par aucun autre constructeur.

Dire que l’on est bien installé au volant serait donc un pléonasme, contact. Le six en ligne s’ébroue sans bruit ni vibration indésirable, voilà un bon point. Nous avons en effet eu l’occasion d’indiquer, lors de nos essais des générations précédentes, qu’hormis pour les versions AMG, la tonalité sport du sound design des versions V6 nous semblait déplacée, une Mercedes haut de gamme devant d’abord être, à notre sens, une voiture bourgeoise et silencieuse. On trouve enfin ce silence mécanique avec cette CLS 450 et on l’apprécie à sa juste valeur. D’autant plus qu’il s’accompagne de redémarrages stop-and-go silencieux et exempts de vibration – de quoi nous rabibocher avec cette technologie intéressante en terme de consommation mais rédhibitoire lorsqu’elle sert un quatre cylindres qui fait penser à un moteur de tracteur agricole à chaque redémarrage.

A l’usage, le comportement de l’auto ne prête pas flanc à la critique, avec notamment un châssis et un train avant efficaces. On apprécie aussi les suspensions pneumatiques (en option), qui gomment les irrégularités de la chaussée et participent d’un confort pullman. La Mercedes CLS 450 étant livrée uniquement en transmission intégrale, la motricité ne pose jamais problème et permet d’extraire la voiture des virages en mode force tranquille. Que l’on ne se méprenne pourtant pas : malgré son statut de berline-coupé, la nouvelle GLS est avant tout une routière et une autoroutière de haute volée, à bord de laquelle tomber les kilomètres est un plaisir.

Côté consommation nous avons relevé 11,2 litres/100 km au cours de notre essai, ce qui reste remarquable pour une voiture de 389 chevaux et 1865 kg.

Mercedes CLS 450

Au bout du compte, cette nouvelle génération de CLS s’est embourgeoisée par rapport à ses devancières jusqu’à constituer une offre proche de la classe S en terme de confort à bord, et voilà bien le meilleur compliment qu’on puisse lui faire. Impossible de ne pas apprécier le bien-être que procure immédiatement ce cocon très design, et ceux qui regretteront cet affadissement pourront se rabattre sur la prochaine version AMG.

En deux mots :

Moteur 6 cylindres en ligne | Cylindrée 3.0 litres | Transmission intégrale bva 9 | Puissance maxi 367 ch/5500 + 22 ch élect. | Couple maxi 500 Nm/1600

Vit. maxi 250 km/h  | 0 à 100 km/h 4,8 secondes  | Conso moy. essai 11,2 l./100 km | Conso norm. 6,1/7,5/9,8 | Emissions 184 gr./km | Poids 1865 kg | Dimensions 4,99 x 1,89 x 1,44 m

Prix 85.300 € Plus options !

affich. tête haute : 1200 €, air body control : 2300 €,

air balance avec ionisation et parfum d’ambiance : 500 €,

cuir Nappa beige macchiato : 900 €…

Modèle essayé : 99.100 €

 

Mercedes CLS 450

On aime :

  • Le dessin et le confort de son habitacle
  • Son confort
  • Son insonorisation
  • Sa hifi

 

On regrette :

  • L’équipement de série
  • La fadeur de la ligne
  • Pas de pavillon alcantara possible,
  • même en option

 

On déteste :

  • L’ergonomie de la hifi
  • et de l’infotainment