Mauritius Classic Tour, une parenthèse enchantée

C’est avec fierté que Dandy a participé à cette première édition du Mauritius Classic Tour, qui a permis à une vingtaine d’équipages de découvrir les charmes de l’île Maurice avant les fêtes de fin d’année. Un événement haut en couleurs, au goût d’épices et de soleil, qui venait clôturer la saison des rallyes classiques européens.

Un spider Alfa Romeo et deux Porsche 356 sur les plateaux mauriciens

 

Pour la plupart des Européens, Maurice est avant tout synonyme de grand soleil, de mer turquoise et de plages de sable blanc. Une image d’Epinal fondée sur la réalité géographique mais aussi un cliché réducteur de cette île volcanique émergeant des eaux de l’océan Indien au large de Madagascar. En 2018 elle fêtait ses 50 ans d’Indépendance après avoir connu une première vie, aux accents romanesques, marquée par son administration par la France au XVIIIème siècle puis par l’Angleterre de 1810 à 1968.

De la première elle a conservé l’usage courant de la langue française et le souvenir du gouverneur Mahé de La Bourdonnais, émissaire du roi de France qui marqua son histoire en faisant de Port Louis, la capitale, la plaque tournante du commerce dans l’océan Indien ; et de la seconde l’usage officiel de la langue anglaise pour l’Administration et l’habitude de rouler à gauche. Indépendante depuis un demi-siècle, l’île est depuis lors un exemple unanimement reconnu d’hospitalité et de tolérance, les populations hindoue, blanche, créole et musulmane qui constituent sa population vivant dans une bonne intelligence qui n’en finit pas d’émerveiller le reste du monde.

Une Austin Healay derrière la Riley 1936, vision de rêve pour un amateur de voitures de collection.

Pour les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis l’Indépendance, la grande gageure a d’abord été de gérer l’Histoire et d’organiser l’indépendance économique, basée sur la canne à sucre et le tourisme, puis de penser l’évolution de l’île dans le grand bouleversement du XXIème siècle.

Celui de Pravind Jugnauth, au pouvoir depuis 2010, a accompli de grandes choses en matière de protection sociale et lancé le pays sur la voie d’une économie ne dépendant plus exclusivement du tourisme et de l’industrie sucrière, mais engagée dans les nouvelles technologies (on citera notamment la formation des élites et la création d’une université réputée) et ouverte sur le monde – avec la création ex-nihilo d’une grande cité du cinéma qui offre à ce dernier des studios dignes de ceux d’Hollywood, Pinewood et Cinecitta, et aux productions des conditions fiscales avantageuses. Une politique intérieure soucieuse du bien-être présent et à venir de la population, et une politique extérieure montrant à la face du monde une Maurice infiniment plus riche et prometteuse que l’habituel cliché des destinations exotiques. Une démarche dans laquelle s’inscrit ce Mauritius Classic Tour, imaginé depuis des années par l’hôtelier Sanjiv Ramdanee (Maradiva Villas Resorts & Spa) mais qui n’avait jusqu’à présent jamais trouvé les circonstances favorables. Sa rencontre avec Yves Denis, spécialiste en art de vivre et autres élégances, accessoirement éditeur de Dandy, l’a décidé à organiser cette première édition ; et il est réjouissant de constater que, comme tant d’autres avant lui, cet événement qui restera mémorable dans les annales n’a pu exister que par l’engagement sans faille d’une petite poignée de personnes, en l’occurrence ici l’équipe d’encadrement du Maradiva et la Mauritius Tourism Promotion Authority, mobilisée par son directeur général Arvind Bundhun. Grâce à eux et pour la toute première fois, les voitures d’un rallye historique ont été transportées par avion sur quelques 10.000 km afin de rouler sur des routes sur lesquelles aucun des participants n’avait jamais conduit.

Jaguar XK140 et Austin Healay

Une révélation pour la vingtaine de collectionneurs français, qui découvrit à cette occasion un réseau routier parfaitement entretenu et une variété de paysages insoupçonnée. C’est donc bel et bien à la naissance de ce qui est appelé à devenir une classique : le dernier rallye de la saison des voitures de collection historiques, que nous avons assisté en cette fin d’année à l’île Maurice.

Raphaël Personnaz et Stéphane de Groodt en Alpine

Les acteurs Raphaël Personnaz et Stéphane de Groodt avec Sanjiv Ramdanee, initiateur du Mauritius Classic Tour, et Eric Leal, principal concessionnaire auto de l’île Maurice

L’acteur Raphaël Personnaz (L’affaire SK1, Dans les forêts de Sibérie, Forces spéciales…), participait au Tour au volant de la nouvelle Alpine Renault A 110, qui accompagnait la Berlinette 1300 S 1975 prévue pour Stéphane de Groot (Le siffleur, Sans laisser de trace, Supercondriaque…). Ancien pilote professionnel (vice-champion en Formule Renault), celui-ci rappela que, comme le vélo, le coup de volant est un art qui ne s’oublie pas, et initia son confrère au pilotage sur route ouverte – sans que ce dernier, habitué aux exploits physiques par sa filmographie, se départisse jamais de sa bonne humeur.

Citroën Traction Avant et Chevrolet

Baptisée « boucle Nord », la première étape, qui se déroulait dans le Nord de l’île, emmena les participants au célèbre jardin botanique de Pamplemousses (premier jardin tropical du monde), puis au Château de La Bourdonnais, manoir victorien éminemment représentatif de la vie à Maurice au XVIIIème siècle. Puis la petite troupe reprenait la route pour découvrir le site de Cap Malheureux, décor de carte postal dans lequel une petite église au toit rouge se dresse face à la mer, avant de regagner le Maradiva Villas & Spa Resort, où elle séjournait durant l’événement, à travers des routes sinueuses annonciatrices du parcours de la boucle Sud du lendemain, qui devait l’emmener sur la montagne du Morne à travers les forêts profondes qui occupent la partie méridionale de l’île.

Lancer de casquettes à la façon des lancers de mortarboards des étudiants américains, à l’occasion de la dernière étape du Tour, sur le Golf de Tamarin

Bénédiction des voitures sur un lieu sacré 

Décor très différent pour la seconde journée : exit les plages de sable blanc de la veille, l’heure était à une géographie plus sauvage, mais tout aussi grandiose. Les voitures gagnaient d’abord Grand Bassin, lieu de culte de la population hindoue. Constitué d’un lac occupant le cratère d’un ancien volcan, le lieu est assimilé au Gange, la rivière sacrée indienne, et les Mauriciens hindous s’y purifient l’âme. Des milliers de pèlerins s’y rendent traditionnellement chaque année au mois de mars en une procession gaie et colorée qui les fait traverser l’île pieds nus. Expérience peu commune : les équipages et les voitures y furent bénis par un Pandit (prêtre indien, prononcer « pane-dite »). Après Grand Bassin les participants découvraient la Vallée des Couleurs, où la nature offre au visiteur le spectacle époustouflant d’une terre bigarrée oscillant entre l’ocre et le violacé, puis s’arrêtait pour déjeuner à l’ombre du soleil éclatant qui chauffait l’île à 33 degrés au pied de la célèbre cascade de Chamarel (cent mètres de haut).

Pour sa dernière journée, le Mauritius Classic Tour s’arrêtait sur le parcours du golf de Tamarin, localité également réputée pour son spot de surf, et prenait la pause dans un décor grandiose. Le lendemain, les quelques moteurs que l’on entendit dans le parc fermé du Maradiva trahissaient la ferme intention de quelques propriétaires de profiter encore de la douceur du climat mauricien, de la beauté de ses paysages et de la gentillesse bienveillante de sa population, avant de regagner la France, l’hiver et une atmosphère sociale si éloignée du paradis qu’ils venaient de quitter.

Le franc succès de cette première édition a incité la MTPA à étoffer la suivante en prévoyant l’accueil d’un plateau étendu et en la complétant par un concours d’élégance. Un événement à suivre du 10 au 17 octobre prochain.

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Mauritius Classic Tour

An enchanting parenthesis

It is with pride that Dandy took part in this first edition of the Mauritius Classic Tour, which allowed about twenty crews to discover the charms of Mauritius before the festivities of the end of the year. A colourful event, with a taste of spices and sunshine, which closed the season of European classic rallies.

For most Europeans, Mauritius is above all synonymous with sunshine, turquoise sea and white sandy beaches. An idyllic representation based on geographical reality but also a reductive “cliché” of this volcanic island emerging from the waters of the Indian Ocean off the coast of Madagascar. In 2018 it celebrated its 50 years of independence after having known a first life, with romantic accents, marked by its administration by France in the 18th century and then by England from 1810 to 1968. From the first it has preserved the current use of the French language and the memory of Governor Mahé de La Bourdonnais, emissary of the King of France who marked its history by building Port Louis, the capital, the hub of trade in the Indian Ocean; and from the second the official use of the English language for the Administration and the habit of driving on the left side of the road. Independent for half a century, the island has since then been a unanimously recognized example of hospitality and tolerance, with the Hindu, White, Creole and Muslim populations that make up its population living in a harmony that never ceases to amaze the rest of the world.

For the governments that have succeeded one another in power since Independence, the great challenge has been first to manage History and organize economic independence, based on sugar cane and tourism, and then to think about the evolution of the island in the great upheaval of the 21st century.

Pravind Jugnauth, who has been in power since 2010, has achieved great things in terms of social protection and launched the country on the road to an economy no longer exclusively dependent on tourism and the sugar industry, but committed to new technologies (including the training of the elite and the creation of a renowned university) and open to the world – with the creation from scratch of a great film city that offers film studios worthy of those of Hollywood, Pinewood and Cinecitta, and productions advantageous tax conditions. A domestic policy concerned with the present and future well-being of the population, and a foreign policy showing the world a Mauritius infinitely richer and more promising than the usual cliché of exotic destinations. This is the approach of this Mauritius Classic Tour, imagined for years by the hotel owner Sanjiv Ramdanee (Maradiva Villas Resorts & Spa) but which has never found the right circumstances before. His meeting with Yves Denis, a specialist in the lifestyle and other elegant styles, and incidentally publisher of Dandy magazine, led him to organize this first edition; and it is gratifying to note that, like so many others before him, this event, which will remain memorable in the annals, could only exist through the unfailing commitment of a small handful of people, in this case the Maradiva management team and the Mauritius Tourism Promotion Authority, mobilized by its Managing Director Arvind Bundhun. Thanks to them, and for the very first time ever, the cars of a historic rally were transported by plane over some 10,000 km to drive on roads on which none of the participants had never driven before. A revelation for the twenty or so French collectors, who discovered on this occasion a perfectly maintained road network and an unsuspected variety of landscapes. It was thus indeed the birth of what is destined to become a classic: the last rally of the season for historic collector cars, which we witnessed at the end of the year in Mauritius.

Actors Raphaël Personnaz and Stéphane de Groodt in the Alpine region

The actor Raphaël Personnaz (“L’affaire SK1”, “Dans les forêts de Sibérie”, “Forces spéciales”…), took part in the Tour at the wheel of the new Alpine Renault A 110, which accompanied the 1975 Berlinette 1300 S planned for Stéphane de Groot (“Le siffleur”, “Sans laisser de trace”, ”Supercondriaque”…). A former professional driver (Formula Renault vice-champion), de Groot recalled that, like cycling, driving is an art that cannot be forgotten, and introduced his colleague to driving on open roads – without the latter, used to physical feats through his filmography, ever losing his good mood.

Called « North Loop », the first stage, which took place in the north of the island, took participants to the famous Pamplemousses Botanical Garden (the first tropical garden in the world), then to the Château de La Bourdonnais, a Victorian manor eminently representative of life in Mauritius in the 18th century. Then the small troop set off again to discover the site of Cap Malheureux, a postcard setting in which a small church with a red roof stands facing the sea, before returning to the Maradiva Villas & Spa Resort, where the crew stayed during the event, through winding roads heralding the course of the next day’s South Loop, which was to take them to the Morne Mountain through the deep forests that occupy the southern part of the island.

Blessing of the cars on a sacred place

Very different scenery for the second day: leaving the white sandy beaches of the day before, the time was for a wilder geography, but just as grandiose. The cars first reached Grand Bassin, place of worship of the Hindu population. Consisting of a lake occupying the crater of an ancient volcano, the place is likened to the Ganges, the sacred Indian river, and Hindu Mauritians purify their souls there. Thousands of pilgrims traditionally go there every year in March in a cheerful and colourful procession that takes them across the island barefoot. An unusual experience: the crews and cars were blessed by a Pandit. After Grand Bassin the participants discovered the Valley of Colours, where nature offers the visitor the breathtaking spectacle of a colourful land oscillating between ochre and purple, then stopped for lunch in the shade of the bright sun that heated the island to 33 degrees at the foot of the famous Chamarel waterfall (one hundred metres high).

For its last day, the Mauritius Classic Tour stopped at the Tamarin golf course, a place also famous for its surf spot, and took a break in a grandiose setting. The next day, the few engines that could be heard in the closed park of Maradiva betrayed the firm intention of a few owners to still enjoy the mild Mauritian climate, the beauty of its landscapes and the benevolent kindness of its people, before returning to France, winter and a social atmosphere so far from the paradise they had just left.

The great success of this first edition prompted the MTPA to expand the next one by providing for the hosting of an extended platform and by completing it with a Concours d’Elégance. An event to be followed from next 10 to 17 October.