L’atelier du bracelet parisien

atelier bracelet parisien

Yann Perrin.

Certains multiplient les petits pains (sympa), d’autres les gaffes (rigolo), d’autres encore les impôts (nettement moins drôle, et malheureusement plus courant), lui multiplie les montres. Vos montres. Ou plutôt la variété de votre collection. Pour être plus précis : Yann Perrin démultiplie la taille de cette dernière en la dotant d’un large choix de bracelets de matières et de couleurs différentes, et en équipant ceux-ci d’un système de changement rapide qui vous permet de coordonner votre montre avec votre tenue du jour.

Les plus fidèles de nos lecteurs se souviendront que nous avions applaudi à deux mains, il y a quelques années, l’initiative de Jaeger-LeCoultre qui présentait au SIHH une version de sa Reverso dame dotée de bracelets interchangeables. Nous soulignions à l’époque l’intérêt de l’invention et appelions de nos voeux une déclinaison aux modèles homme. Laquelle n’est jamais venue.

atelier bracelet parisien

Gros plan sur la pompe des bracelets interchangeables : le remplacement du bracelet s’effectue en une minute.

D’un autre côté, les collectionneurs de belles montres savent qu’une petite poignée de spécialistes leur propose la réalisation de bracelets à la carte, dans une grande variété de couleurs et de peausseries. Avec l’inconvénient de tarifs plutôt salés – quoi que pas plus que ceux pratiqués par les grandes marques horlogères pour leurs bracelets de remplacement : avez-vous une idée du prix d’un simple bracelet croco noir ou marron dans l’une de ces maisons ?…
Comme c’est souvent le cas, pour s’imposer sur ce marché de niche l’un des plus jeunes parmi ces spécialistes a choisi un positionnement très agressif en terme de rapport qualité/prix, « mais pas que ». Car au-delà de l’incroyable variété de peaux et de couleurs proposées, l’Atelier du Bracelet Parisien se distingue par la qualité de sa façon, ses tarifs très placés et le joker du bracelet interchangeable qui, étant monté sur deux pompes métalliques, permet à l’élégant de changer de bracelet montre chaque jour en une minute chrono. Nous l’avons essayé pour vous et avons rencontré l’homme qui l’a créé et le dirige.

1 montre x 4 bracelets = 4 montres !

Dandy : Comment est né ABP – l’Atelier du Bracelet Parisien ?

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Un détail révélateur : à la différence des bracelets prêts-à-porter (modèle marron), les bracelets sur mesures sont fournis non troués (modèle bleu), le trou unique correspondant à la taille du client (modèle orange) étant réalisé à la livraison.

Yann Perrin : « L’histoire commence avec mon père et ma mère, qui rejoignent Camille Fournet, l’oncle de ma mère, à Paris dans les années 70 : avec mon grand-oncle mes parents développent l’affaire, que mon père dirige pendant une quinzaine d’années. Et lorsque la maison est revendue mon père créée sa propre société : « Créations J-Claude Perrin », qui fabrique aujourd’hui encore des bracelets montre de luxe pour l’industrie horlogère suisse. A l’époque Camille Fournet fabriquait pour l’industrie horlogère et les boutiques détaillants, et non pour les particuliers comme aujourd’hui. En 1997 mon père crée donc l’Atelier du Bracelet Parisien parce qu’il en avait assez de voir que le coût avait l’incidence la plus importante dans la fabrication d’un bracelet au détriment de la qualité, et qu’il voulait faire des bracelets de qualité supérieure – mais pas forcément chers. Ce concept était unique et a connu un succès important, à tel point que j’ai rejoint l’équipe en 2001 pour la développer plus avant, en créant le site internet et en nous ouvrant à un maximum d’espèces animales.

Il faut dire que la variété que vous offrez est tout simplement incroyable !…

atelier bracelet parisien

50 espèces et plus de 600 couleurs : un choix incroyable !

YP : On avait le savoir-faire, il m’incombait de développer le faire-savoir et le choix, et nous sommes passés de cinq peaux exotiques à environ cinquante espèces, de la peau de crapeau à celle de serpent de mer en passant par la queue de castor et toutes les espèces classiques de caprins, bovins et porcins, et toutes les espèces exotiques type alligator, lézard et autruche, le tout dans une grande variété de couleurs.

Votre stock ressemble un peu à la caverne d’Ali Baba : on y trouve des peausseries et des couleurs que l’on n’aurait jamais imaginées !

YP : La variété est très différente selon les espèces : nous n’avons par exemple qu’une seule couleur en hippo, que nous proposons pour faire voyager le client, mais cinq ou six cents couleurs au total, dont une quarantaine de marrons et de bruns, six cents couleurs de cuir à doublure et autant de fils pour les coutures.
Laissons le calcul du nombre de combinaisons aux matheux et parlons de vos tarifs…

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Galuchat, alligator, requin, buffle, phoque, à doublures et piqûres ton sur ton ou contrastées : la mesure permet toutes les personnalisations. Chaque bracelet mesure est unique.

YP : Nous pratiquons un prix forfaitaire, pour lequel le client peut avoir la peau, la couleur et la doublure de son choix, sans en passer par une liste de suppléments : ici c’est 215 euros pour tous les cuirs. Honnêtement : ramené à la valeur d’un bracelet montre, que l’on ait trente centimes de matière pour un bracelet en veau ou cinq euros pour un bracelet en éléphant, cela ne change pas grand chose pour nous, d’où notre choix d’un prix forfaitaire, dont le client bénéficie.
Ensuite il faut distinguer le stock, pour lequel nous sommes parmi les moins chers de Paris, avec par exemple un bracelet veau à 45 euros et un bracelet alligator à écailles carrées à 135 euros, et la mesure où nous fabriquons le bracelet à la demande pour 340 euros pour les alligators et autres peaux exotiques, et 450 euros pour les galuchats, qui réclament plus de travail. Evidemment, toutes nos peaux sont des peaux d’espèces contrôlées, toutes traçables et dotées pour celles qui en ont besoin du certificat CITES.

Et puis il y a cette trouvaille des bracelets interchangeables, qui permettent au client de changer de montre en ne changeant que son bracelet, un vrai plus pour tout propriétaire de belles montres.

YP : C’est au départ une idée de mon père, qui si je me souviens bien a été mise au point avec Jean-Claude Biver à l’époque où il était chez Blancpain. On les propose depuis toujours mais cela ne se sait pas.

A quel prix ?

YP : Gratuitement dans le forfait sauf pour les quelques montres qui ne le permettent pas, comme les Hublot, la Royal Oak, la Tank et les montres à anses fixes ou à attaches techniques. »

Entièrement manuelle, la fabrication permet toutes les fantaisies. Ici le poste de piqûre, qui dispose d’une variété de plus de 600 fils de couleurs et d’épaisseurs différentes.

Photos : Pascal Boyer et Roger Vockler.