Bernard Loiseau

A 52 ans, Bernard Loiseau, surnommé « Monsieur 100 000 volts de la gastronomie » est une  véritable force de la nature. Tombé à 16 ans dans la marmite trépidante de la cuisine chez les frères Troisgros à Roanne. Il en fera son sacerdoce.

Repéré très tôt par son mentor, Claude Verger, il succède dans les années 70, au roi des cuisiniers, Alexandre Dumaine en devenant le nouveau régent de la Cote d’Or.  Propriétaire du mythique restaurant de Saulieu quelques années plus tard, il règnera à son tour en monarque de la cuisine française.

Son crédo, une cuisine allégée en matières grasses, épurée. Seulement deux ou trois saveurs dans l’assiette. Du goût, beaucoup de goût. Il entreprend une véritable révolution pour l’époque, à l’aube de la nouvelle cuisine.
A force d’abnégation, il gagne alors ses galons de maréchal jusqu’à l’incroyable consécration en 1991 et les fameuses « trois étoiles ». Il a tout juste 40 ans.

Mais Bernard Loiseau a d’autres rêves, d’autres projets. Il est l’un des premiers grands chefs à quitter les fourneaux pour la lumière des plateaux et se mettre à cuisiner à visage découvert.
Son sourire photogénique d’enfant heureux fait de lui une star emblématique des années 80. La presse se l’arrache. La ménagère écouta avec délectation ses chroniques dominicales.  Le chef entre avec fracas dans notre quotidien. Un tour de force. Un coup de génie.

De sa petite entreprise familiale, il en fera un  groupe de restaurants et produits dérivés côté en bourse, le premier dans le milieu de la cuisine. En quelques années, Bernard Loiseau devient une véritable marque.

Mais au firmament de sa gloire la pression fut rapidement insupportable. Son groupe s’étant endetté, l’empire Loiseau reposait sur les trois étoiles de Saulieu. D’un souffle, d’un seul, le château de cartes pouvait s’effondrer.
D’ailleurs la rumeur de la perte du sésame gastronomique bruissait depuis longtemps. Il faut dire que les jaloux et envieux furent nombreux en cuisine ou dans les coursives des magazines à attendre la chute du maestro.

Il a finalement craqué, le 24 février 2003, dix ans déjà. Un coup de folie selon sa femme Dominique. Mais une chose est sûre, son nom reste fièrement gravé sur la façade du restaurant dont il a fait l’histoire.

Loin des spéculations, des rumeurs et des murmures entourant sa  mort tragique, le livre d’Evelyne Adam s’attache à dévoiler le parcours hors norme d’un chef devenu l’emblème d’une époque où quelques cuisiniers stars monopolisaient la scène médiatique. Bernard Loiseau, disparu, laissa en héritage le souvenir  d’un titan, d’un génie des fourneaux. Un génie télégénique.

A lire

Bernard Loiseau, la niaque en héritage« Il y a 10 ans…Bernard Loiseau – La niaque en héritage »
Auteur : Evelyne Adam
Préface de Michel Fugain
Paru en février 2013
 

Guy Trédaniel éditeur
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