Au détour de la Loire, l’Estival de la Bâtie

Au fleuve de Loire

« O de qui la Vive Course
Prend sa bienheureuse source,
d’une argentine fontaine,
qui d’une fuite lointaine,
te rends au sein fluctueux
de l’Océan monstrueux,
Loire, hausse ton chef ores
bien haut, et bien haut encores,
et jette ton œil divin
sur ce pays Angevin,
le plus heureux et fertile,
qu’autre où ton onde distille »

Ainsi commence ce long poème, ode à la Loire, de Joachim du Bellay.

La Loire, qui prend sa source en Ardèche, poursuit sa route sur les plateaux de la Haute-Loire et finit par se lover dans une vallée sauvage et profonde, une sorte de canyon difficile d’accès. Aux portes de Saint-Etienne, le fleuve loué par le divin Joachim vous tend ses bras entre ses méandres, rochers, vallons, landes, forêts et châteaux. Son passé médiéval est visible de toute part. Dans le sol granitique du Massif Central, elle a laissé des traces. Depuis des siècles, elle a constitué une zone de passage et de surveillance très importante pour le Royaume. Son histoire est riche de contrastes.

Et c’est à la rencontre de cette histoire que nous partons pour St Victor sur Loire, un magnifique village médiéval perché. Rien de plus approprié qu’une croisière sur un bateau électrique qui respecte l’environnement et plus particulièrement la faune et la flore locale. C’est le territoire des rapaces. Des paysages à couper le souffle lui valent le label site Natura 2000. De nombreux châteaux à perte de vue comme le château d’Essalois, le château de l’Ile de Grangent ou bien le château de Cornillon.

MontbrisonQuant à Montbrison et sa vingtaine de sites historiques classés : la collégiale Notre-Dame, sa chapelle, ses cloîtres, son hôtel Renaissance et ses cours intérieures vous vous sentirez transporter par la grande histoire.  La salle héraldique de la Diana et son plafond aux 1970 blasons est somptueuse.

Baladons-nous le long de la rivière Vizezy et découvrons cette ville ancienne des Comtes du Forez, toute une dynastie qui participa aux croisades en terre sainte. Le mot « Espérance » devise de l’Ordre de chevalerie de l’Ecu d’Or fondé par le duc Louis II de Bourbon, comte de Forez.

Pierre Boulez est né ici et le centre musical porte son nom. Il accueille la Maîtrise de la Loire qui s’inspire des Maîtrises Européennes et des cursus « sport-étude ». Cette école enseigne le chant choral aux élèves de la 6ème à la terminale

L’hôtel « la Charpinière » : un hébergement authentique :

A St Galmier, l’hôtel « la Charpinière » entouré d’un parc de 3 ha parfaitement entretenu propose 57 chambres spacieuses et chicissimes. Il fait partie de la prestigieuse marque « Relais du Silence ». Le restaurant gastronomique « la Source » et son ambiance cosy est dirigé par le chef Damien Guenier qui sélectionne les meilleurs produits locaux pour faire vibrer les papilles les plus délicates. Quant à la brasserie « 1933 » c’est le comptoir des viandes. Avec le label « Maître Restaurateur » l’adresse est très prisée.

Pour dîner à l’extérieur, l’Amphitryon est recommandé. Le chef Xavier Thely a été auréolé par le prestigieux guide Michelin d’une assiette ces 2 dernières années. Son menu fait la part belle aux produits de cette belle région. Avec en entrée : tarte printanière (carotte, courgette, tomate, concombre, artichaut, persil et fromage) ou bien lentilles de foie gras avec salade de moutarde ; en plat : un pavé de lotte sur lit de petits pois et champignons pleurotes ; en dessert : une tarte au fraise et basilic. Très Très Bon.

Pour un moment de détente, le spa s’impose. Jacuzzi, sauna, hammam, douche sensorielle, fontaine de glace pilée et tisanerie sont au rendez-vous. La piscine extérieure est chauffée de mi-avril à fin septembre. Thalgo est la marque partenaire et ses nombreux soins visage et corps sont réalisés par des mains expertes. Citons notamment le modelage sportif pour dénouer les tensions musculaires et stimuler la circulation sanguine ou bien le polynésien pour les adeptes du lâcher-prise.

L’Estival de la Bâtie

L’estival de la Batie

Chaque mois de Juillet, depuis 8 ans, l’Estival de la Bâtie est le point de rencontre de tous les amateurs d’arts vivants. Cette année du 5 au 21 Juillet, il offre une programmation riche et multiple sous la houlette de Pascal Amoyel et d’Emmanuelle Bertrand. Le château de la Bâtie d’Urfé est classé Monument Historique depuis 1912. Claude d’Urfé est très proche du roi François 1er. Il transforme peu à peu sa rustique maison influencé par le style italien et la Renaissance Française. Son amour passionné pour sa femme Jeanne de Balsac est partout. Deux C enlaçant un I pour Ianna (Jeanne en latin) sont présents dans la demeure. Sa grotte de rocailles, son emblématique sphinx, les peintures de sa chapelle. Autant de témoignages vivants de son passé prestigieux. Ses jardins à l’Italienne créés au XVIème siècle sont composés de 16 parterres de buis et d’ifs. On retrouve ici les codes de la Renaissance : géométrie, symétrie et régularité. Clos par des murs crénelés, ils s’articulent autour d’une rotonde et de sa fontaine. Sa pergola et son bief sont magnifiques. Désormais 3 ruches abritent 85.000 abeilles produisant un miel d’exception.

A proximité, la source Badoit naturellement gazeuse est reconnue pour ses vertus digestives Le maître-verrier Pierre Marion fabrique devant vous des objets en verre ou en cristal. Sur 700 m2, découvrez les collections d’armes, de rubans ou de cycles au Musée d’Art et d’Industrie. A voir également le Musée de la Mine et son authentique train.

A St-Galmier, Le Casino attire les aficionados des jeux et des spectacles.
A St-Etienne, le Musée d’Art Moderne et Contemporain vient de fêter ses 30 ans. Il détient l’une des plus importantes collections d’œuvres du XIXème, XXème et XXIème siècle. 20.000 œuvres dont 1.500 pièces de design sont exposées notamment Othoniel et Soulages.

« Il est grand temps de rallumer les étoiles » dixit Apollinaire

Infos pratiques

En savoir plus sur l’Estival de la Bâtie
Infos tourisme :  loiretourisme.com
Comment s’y rendre : de Paris Gare de Lyon TGV jusqu’à St Etienne Chateaucreux (2 h 35)

Ecrit par Lily Kint