Arrivée d’Emmanuel COINDRE – 8ème traversée océanique à l’aviron

COURSE AU LARGE ATLANTIQUE NORD (E/W) SÉNÉGAL/GUYANE.
Emmanuel Coindre, Premier homme à avoir traversé en solitaire les trois grands océans à la rame et actuel détenteur des temps de référence après sa dernière victoire sur l’océan Indien en 56 jours, le navigateur Baulois est arrivé ce vendredi 14 juin 2019 à Cayenne à 01H00 UTC sur ONOFF Telecom canot monotype estampillé Monaco.

Il est parti le 17 avril 2019 à 6H00 UTC de Dakar (Ile d’Ngor) avec des vents de secteur nord en limite de fenêtre météo, pour tenter seul et sans assistance ce parcours est-ouest de près de 2.500 NM.

Coindre est arrivé en Guyane après plus de 57 jours de solitude au milieu de l’hémisphère nord, pénalisé par une météo délicate, le passage nord fermé par un vent et une mer de nord-ouest l’oblige à prendre celui du sud plus long et perturbé, mer croisée, ondes orageuses et zone de transition permanente celle de la convergence, sur ce canot insubmersible (une tonne chargé) en bois/époxy de 8.0 mètres du chantier naval AtFaCo de Nantes. Afin de capitaliser les 17 heures d’effort quotidien aux avirons le skipper a été appuyé comme par le passé de l’analyste météo/navigateur Patrick Favre et d’Overlap pour la production des images. www.emmanuelcoindre.eu.

Transaltlantique Nord au bénéfice d’Inspire Foundation qui œuvre en faveur des équilibres vivants et talents grâce à des partenariats de collaboration (sensibilisation à la préservation des océans et autres soutiens humanitaires).

A propos d’Emmanuel Coindre
Athlète et navigateur français qui a débuté sa carrière en voile légère avant de se consacrer à la course au large et l’aviron océanique, passionné de grands espaces, de vitesse et tourné vers le plaisir de naviguer avec discipline. Leader de la rame océanique en solitaire, actuel détenteur des chronos de référence (Atlantique Nord – Pacifique Nord – Indien Sud – distance sur 24h), seul aux 3 grands océans par les faces les plus délicates, l’expertise de 8 océans en solo, 16 titres. De style très engagé je vais chercher une intensité, des sensations uniques, et ce que j’apprécie dans le solo c’est le dépassement.
610 jours en solo sans assistance sans escale, 45 chavirages, 52 984 km, 28 606 NM, Atlantique (6) – Pacifique (1) – Indien (1).
(labellisation GWR & ORS de Londres – Encyclopédie d’Oxford de l’histoire maritime).

A bord
GPS, balises de tracking et détresse, téléphones satellites, radar, dessalinisateurs, panneaux solaires, avitaillements, équipements.

Rapport au temps
Etant compétiteur le temps à un impact d’autant plus fort au quotidien. Dans ce monde où tout semble s’accélérer, aspect mécanique, l’urgence permanente, je fais en sorte d’aller à l’essentiel et de ce qui compte vraiment. Le véritable temps est celui que l’on s’octroie, celui que l’on conquiert, celui que l’on s’approprie et c’est celui du temps présent.

Le goût du large, de l’authentique
En haute mer Coindre faut hiérarchiser les priorités, optimiser les réglages, être à 100%. Le manque de sommeil parfois c’est le prix à payer pour rester performant, sur la bonne trajectoire, à l’écoute et se caler sur le rythme du grand large. Je mesure pleinement la difficulté de tenir le cap sur ce genre d’embarcation, la mer peut vous vider de toute force, cette force vitale qui permet la réflexion de toute situation et de l’action à entreprendre. C’est davantage l’état de la mer qui détermine le danger, même si au-dessous de 30 nœuds c’est forcément plus tendu. Souvent je repense à ces endroits difficiles où les vents et les rafales s’abattent avec violence, où les vagues puissantes frappent et déferlent sur le pont, où tout volait dans la cabine. Tous les moments sont magiques et importants au large, passer des situations météorologiques complexes où la mer est brutale, croisée et piégeuse, bien naviguer et faire marcher le bateau, être en résonnance et sentir la beauté des choses.

La mer, mon univers, source d’inspiration et d’énergie, je suis très attaché à cette relation avec les éléments, évasion formidable tournée vers l’objectif. L’Océan est un paysage où l’imaginaire et le sacré se côtoient, un endroit d’épreuve et d’initiation, d’exigence et de plaisir dans lequel tu te rends pour avoir des conversations. Coup cadencé, 22 à la minutes, aviron à même la paume je ressens sa puissance, sa beauté, ses mystères, et si naviguer est une question de cap à suivre et de rythme c’est surtout une question d’harmonie, donner le meilleur et lorsque vous donnez tous les vrais bonheurs sont là.