VOYAGE AU COEUR DES TRADITIONS ANCESTRALES

L’ANTSANITIA UN RESORT ÉCOTOURISTIQUE
Un 4×4 nous attend à la sortie de l’aéroport, et c’est parti pour 16 km de piste chaotique de terre rouge traversant de magnifiques étendues vallonnées, parsemées de palmiers et multiples plantes, nous croisons des paysans sur leurs charrettes lourdement chargées tirées par des zébus, longeons les cases des villageois et répondons aux appels des enfants « Bonjour vazah ! ». Après une petite heure, nous atteignons notre lieu de villégiature, terre du bout du monde encore sauvage. Des sourires sincères, un accueil des plus chaleureux et un décor authentique : nous sommes immédiatement plongés dans l’ambiance paradisiaque d’Antsanitia.
Implanté au coeur de trois villages sur un site de 22 hectares au nord de la Réserve touristique du littoral de Belobaka, à l’embouchure de la rivière Morira, le resort domine tout l’estuaire et offre une vue panoramique exceptionnelle sur l’océan Indien et le canal du Mozambique. Ouvert toute l’année, il est accessible par la mer et par la route.

Eric Gteau- Directeur de l'Antsanitia resort - MdagascarDepuis fin 2010 Eric Gateau, co-fondateur et ancien directeur du Sakouli à Mayotte, s’est vu confier la direction de l’établissement et de son développement par le groupe rochelais Eden, principal actionnaire et promoteur immobilier vert. Il n’a depuis eu de cesse de s’investir dans la préservation de l’authenticité des lieux et des traditions, et de réaliser une communion harmonieuse entre la population locale, l’environnement et les voyageurs et hôtes venus d’ailleurs. Une action récompensée en 2013 par l’obtention du Green Globe, label éco-environnemental hôtelier le plus célèbre du monde. L’établissement figure désormais parmi les 10% des hôtels les plus appréciés au monde, une étape significative dans la reconnaissance de son approche attentive et respectueuse du développement durable. « Seuls deux établissements à Madagascar, dont le nôtre, se sont vus attribuer ce prestigieux label », confie volontiers Eric Gateau avec un grand sourire. Et de décrire les nombreux projets ambitieux menés en collaboration avec les instances gouvernementales et plusieurs associations, certains déjà concrétisés, d’autres en devenir.

UN SOUTIEN ACTIF AU DÉVELOPPEMENT LOCAL
Amélioration des conditions de vie des villageois, prise de conscience et implication dans la revalorisation et la protection de leur environnement, éducation, santé, autonomie et développement économique… l’ensemble des actions est fédéré par l’ADTI (Association pour le Développement du Tourisme intégré d’Antsanitia) et, accompagnés par Tsivaray, l’un des chefs de village, nous avons pu constater nombre des avancées qu’il a permis.Village d'AntsanitiaNotre guide nous fait ainsi découvrir la pépinière de l’hôtel et ses nombreuses variétés : Pachypodium (palmier de Madagascar), eucalyptus, grenadelles, goyaviers… et de jeunes plans de Mandravasotra, célèbre plante malgache aux vertus médicinales ancestrales. Une culture, unique à cette région du monde, en voie de disparition faute d’avoir été suffisamment préservée. « Nous avons bon espoir de remettre en route la distillerie d’huiles essentielles dès l’an prochain, et pourquoi pas envisager son extension », annonce Tsivaray avant de nous inviter à continuer notre chemin vers la pépinière du village, située en dehors du resort sur un terrain concédé par l’état et placé sous la responsabilité d’acteurs locaux.

Antsanitia ResortLA PÉPINIÈRE GÉRÉE PAR LES VILLAGEOIS
Dans le cadre d’un programme de conservation communautaire, auquel l’hôtel Antsanitia est impliqué en partenariat avec l’ONG américaine Eden Project Reforestation et l’association AMADA, une association a été créée en 2013. Elle a encadré l’implantation d’une pépinière où 145 000 plants et boutures ont été réalisés par les villageois. « Ce n’est qu’une première étape, explique Eric Gateau, car nous devons beaucoup apprendre pour progresser, et seulement un tiers de nos plants ont tenu cette année ». Une jeune biologiste missionnée pour analyser et proposer des pistes d’amélioration, souligne que c’est déjà un résultat très encourageant pour un début. La finalité de l’initiative est double : reboiser les zones sinistrées et pallier aux risques futurs (comme les incendies en période sèche), mais également permettre à ces villages ne vivant quasiment que de la pêche de développer d’autres moyens de subsistance. On peut citer bien d’autres actions : un dispensaire créé en 2011 par l’hôtel bénéficiant de la présence permanente d’une sagefemme diplômée, la construction en cours d’une école pouvant accueillir les enfants des villages en trois niveaux de classes distincts pour la prochaine rentrée, l’extension du réseau d’eau alimentant des points d’eau dans les trois villages d’Antsanitia, une station d’épuration…
Ajoutons que le personnel de l’hôtel est essentiellement issu de la région de Majungua et que sa formation a été principalement assurée par l’association ADTIA, contribuant ainsi au développement du savoir-faire local dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme. En séjournant à l’Antsanitia, le client participe au soutien actif qu’apporte l’hôtel au développement local en reversant une partie de son chiffre d’affaires à une association d’aide aux villageois des alentours.

Antsanitia ResortRÉSOLUMENT HAUT DE GAMME
Largement dimensionnées (210 m2 répartis sur deux niveaux, avec suite parentale à l’étage) et dotées de piscines privatives, les suites Pool Villas bénéficient d’une vue sur le lagon et l’océan. Dans cet environnement naturel dans lequel on peut sans grand effort se croire à l’aube des temps, des papillons aux mille couleurs virevoltent au-dessus de nos têtes (sympa) accompagnés d’insectes inconnus (moins sympa), lézards et petits iguanes s’invitent à l’intérieur : l’endroit est conforme à l’idée que beaucoup d’entre nous nous faisons de celui d’un séjour de rêve en couple ou entre amis.
Antsanitia Ressort - Suites Sénior

 

L’hôtel compte également des suites junior et senior (très spacieuses dans le cas de ces dernières), ainsi que des bungalows ouverts sur l’océan, et une dizaine de chambres sur jardin. La réception, le bar et le restaurant sont ordonnancés au coeur d’une vaste terrasse circulaire en bois bordant la piscine où la vue se perd sur la plage et l’océan.

 

Antsanitia Resort - RestaurantCôté restauration, la cuisine est sans surprise, élaborée autour des saveurs raffinées à base de produits locaux issus de la pêche et de l’agriculture des villages environnants. Elle est mise en musique par un chef éco-responsable et créatif. Ne citons que les fameuses crevettes de Madagascar, le zébu grillé, le carpaccio de poissons délicatement assaisonné et parfumé, et chacun aura compris que la gastronomie locale emprunte à celles des îles et de l’Afrique voisine.

L’hôtel propose moult activités et excursions à la carte aussi riches que diversifiées, permettant de découvrir les villages et sites environnants, la faune et la flore. Le centre de pêche est « no kill », et si les amateurs peuvent pratiquer la pêche sportive (marlin, espadon, carangue…), les prises sont relâchées vivantes. Impossible de ne pas mentionner ici le « Safari à la rencontre des baleines à bosse et des dauphins », proposé entre juillet et fin octobre et encadré par une équipe de l’hôtel spécialement formée par l’association scientifique Cétamada, spécialisée dans la protection des grands mammifères marins.
P^che no Kill ansanitia Resort Madagascar

UN CARNET DE ROUTE AU PARFUM D’AVENTURE
Les activités proposées par l’hôtel ont toutes en commun un parfum d’aventure romanesque et convoquent le souvenir de Tintin ou Spirou pour les uns ou de grands films épiques comme Fitzcarraldo pour les autres. Nous en avons savouré quatre.
François Blay et Tsiravay - Chef de villageEmbarquons à bord d’une pirogue à balancier pour remonter la Morira de son embouchure au village de la Digue pour la « Remontée en pirogue de la rivière Morira et découverte de la mangrove ». En longeant la mangrove, nous apercevons quelques cases, des paysans chargeant des charrettes de victuailles ou de palmes séchées (pour les toitures), une école perchée au milieu de la forêt. Poissons et papillons accompagnent notre calme progression, ici et là un martin-pêcheur d’un bleu magnifique. Arrivés au village de la Digue, nous allons à la rencontre des villageois : ici un vieillard dans son jardin, là une famille affairée à la préparation du repas sur le pas de porte de sa case, plus loin des jeunes femmes au visage coloré de poudre naturelle d’un jaune orangé, masque de beauté et de protection au soleil, partout des enfants joyeux qui nous regardent passer étonnés et amusés. Sur le chemin qui nous ramène à la pirogue, on s’attarde devant la richesse de la flore, les plantes sensitives, l’incontournable arbre du voyageur, un jujubier, ou pour apercevoir plus loin, des rizières verdoyantes.

Antsanitia Resort
Rendez-vous tôt le lendemain matin pour embarquer à bord d’un catamaran et partir au large en direction du Cirque Rouge. Un spectacle digne du Far West se dévoile devant nos yeux. Des falaises tombant à pic recouvertes de terre rouge et d’argile. On aperçoit, comme déposés par le vent, une multitude de quartz, blanc ou rose, accrochés sur les falaises. Après une bonne marche sous la chaleur, une pause rafraîchissante et un déjeuner de poisson grillé sont les bienvenus.

A quelques kilomètres de pistes de l’hôtel le lac sacré de Mangatsa nous attend. Une étendue d’eau si transparente qu’on y voit cohabiter toutes sortes de poissons (y compris de peu hospitalières murènes !), et même un bébé caïman. Notre guide nous raconte la légende du zébu du roi qui aurait trouvé la mort dans le lac, légende ou anecdote historique qui incite depuis lors les habitants à implorer les esprits et faire des offrandes si leur voeu se réalise. Lac Sacré - MakiOn poursuit le chemin en appelant les lémuriens. Trois makis sortent de leur cachette et s’approchent pour grignoter le pain qu’on leur tend. De véritables peluches vivantes ! Un peu plus loin, nous admirons les impressionnants crocodiles se prélassant au bord de l’eau, dans un enclos sécurisé. Le circuit se termine par le musée dédié et consacré au père de l’indépendance de Madagascar, le président Philibert Tsiranana.

Notre dernière excursion est combinée avec notre retour sur Tana. A bord du 4×4 mis à disposition par l’hôtel et après une courte halte à Majunga et ses marchés colorés, nous roulons jusqu’à la réserve naturelle d’Ankarafantsika, à 120 km de Majunga. Nous y découvrons un lieu où la nature a conservé tous ses droits. Plusieurs circuits sont proposés pour y admirer différents espèces d’animaux aussi beaux qu’impressionnants : oiseaux, crocodiles, lémuriens, serpents… Longeant de magnifiques jacinthes d’eau on traverse le lac en bateau avant d’apercevoir et prendre la mesure vertigineuse de l’immensité des forêts humides et luxuriantes environnantes. Ayant repris quelques forces dans le restaurant de la réserve servant poissons et viandes locaux, on passe la nuit dans un bungalow au confort rustique. Le lendemain un taxi « première classe » nous emmène vers Tana qui marquera la fin de notre voyage.

Antsanitia ResortEN DEUX MOTS
Antsanitia Resort – Majunga – Madagascar – Tél. : (+261) 20 62 023 34 ou (+261) 20 62 911 00 – Décalage horaire : de mars à octobre +1 heure/Paris (GMT+3).

En savoir plus : www.antsanitia.com

Pour y aller : Air Madagascar – Paris (Roissy) – Antananarivo : 3 vols par semaine (4 à partir de fin juin) sur Airbus A340-300. 30 sièges en Classe Affaires « Baobab », 21 sièges en Classe premium économique « Vanille » et 224 sièges dans la cabine principale Ylang. AR à partir de 3245.72 EUR TTC. – Marseille – Antananarivo : 1 vol direct par semaine. Fin juin, la compagnie assurera une nouvelle liaison non-stop entre Marseille et Nosy Be, et un nouveau vol Marseille – Moroni – Tana Vols intérieurs : Air Madagascar assure de nombreuses correspondances via Antananarivo-Ivato vers les principales villes de Madagascar et les grandes zones touristiques – www.airmadagascar.com

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