Nino Ferrer : un dandy entre jazz et showbiz

Les photos des années 60 et 70 rappellent un garçon toujours tiré à quatre épingles, vestes cintrées aux épaules très structurées et à la coupe dropée soulignant une silhouette très mince, souvent croisées et toujours assorties d’une cravate et d’une pochette. Sa seconde vie musicale est l’occasion de découvrir un look renouvelé, cheveux longs, barbe et chapeau, mais toujours gilet coordonné et accessoire qui va bien, moins convenu et plus conforme à ce qu’est devenue la vie du chanteur, loin de l’agitation parisienne.

Quatre pochades firent de Nino Ferrer une vedette des années 60, mais il ne se satisfit jamais de cette notoriété construite sur des chansonnettes aux antipodes de ses aspirations musicales. Ce grand jeune homme mince au flegme britannique et à l’élégance française a toujours gardé la fantaisie légère et raffinée de l’Italien bien né qu’il était. Jusqu’à choisir de quitter notre vie pour entrer dans notre mémoire collective lorsqu’il estima n’avoir plus rien à faire dans ce monde. Retour sur le parcours d’un chanteur hors normes.

Agostino – dit Nino – Ferrari voit le jour à Gênes en 1934 dans une famille de la grande bourgeoisie italienne baignée de culture classique et de collections d’art. Après sa naissance, la famille regagne Nouméa où son père est un notable en vue et où Nino vivra ses premières années, avant que l’imminence de la guerre n’incite ses parents à regagner l’Italie, pays paternel où ils vivront durant tout le conflit.

Ils s’installent en France, pays de sa mère, à la fin des hostilités, et c’est à Paris que le jeune Nino vit son adolescence et découvre le jazz. Tout en poursuivant ses études (jusqu’à une licence de lettres obtenue à La Sorbonne), il se frotte aux joies des jam-sessions et vit pleinement la fièvre d’un âge d’or parisien en jouant de la contrebasse et du banjo dans l’orchestre de son ami Richard Bennett.

Les dix années à venir sont celles de l’insouciance des jeunes années de l’âge adulte : devenu musicien professionnel, Nino partage sa vie entre la Côte d’Azur (l’été) et Paris (le reste du temps), ses amis musiciens et une impressionnante quantité de jolies jeunes femmes. Avec la trentaine, il va considérer qu’il lui faut à présent poser les bases d’une carrière sérieuse et enregistrer quelques disques, qui resteront totalement inconnus. Jusqu’au succès aussi inattendu qu’extraordinaire de Mirza, en 1965, né dans le restaurant La Playa de Saint Raphaël où une vieille dame cherche désespérément son petit chien. Jamais en retard d’un trait d’humour, Nino qui joue et chante ce soir-là avec l’orchestre, interroge au micro « Z’avez pas vu Mirza ? » et ponctue sa question d’un « oh-la-la-la-la-la » chanté. Cette impro dictée par les événements change le cours de la soirée – et celui de la carrière de Nino Ferrer.

Le succès est aussi foudroyant que massif. Du jour au lendemain, la France fredonne l’obsédant refrain et Nino Ferrer devient une vedette. Qui va capitaliser sur ce genre nouveau qui lui réussit si bien avec trois autres titres : Les cornichons, Oh, hé, hein, bon ! et Le téléfon (autre titre né d’une observation in situ). Carton plein pour le nouveau venu dont la popularité fait rapidement jeu égal avec celle des vedettes installées depuis quelques années. Pourtant, la personnalité de Ferrer détonne déjà dans sa sphère professionnelle : si vis-à-vis du public sa distinction naturelle est un élément de charme supplémentaire qui le distingue des autres chanteurs à minettes, l’insatisfaction pointe vite derrière le succès obtenu par une voie non recherchée.

La presse people naissante fait ses choux gras de cet homme grand et mince perpétuellement bien habillé (il se fait jeter de l’entrée des artistes de l’Olympia où il se présente en smoking alors que la mode est aux tenues cuir des rebelles des beaux quartiers, les videurs ne reconnaissant pas celui qui se produit chez eux en vedette !), et même raffiné (il fera fabriquer des pieds Louis XV pour l’orgue Höner de ces mêmes concerts), mais l’homme est bien plus profond que l’image qu’il renvoie. Si Mirza est né par hasard et les trois tubes suivants par opportunisme, les chansons qu’écrit Nino Ferrer depuis des années sont autrement plus sombres et musicalement beaucoup plus construites. Le jazzman ne peut se satisfaire du succès du pousseur de chansonnettes. Les exégètes peuvent cependant dès ces premiers titres noter chez lui cette aptitude naturelle à jouer avec les mots, titiller l’absurde, oser les néologismes et réinventer la syntaxe : une signature d’écriture que l’on ne trouve guère par ailleurs que dans les allitérations de Gainsbourg.

Pour l’heure, le jeune homme ne boude cependant pas son plaisir, soignant ses tenues (élégant jusqu’au bout des coutures, il ira jusqu’à confier ses bonnes adresses – Renoma et Mayfair – à ses admirateurs dans La bande à Ferrer, sorti fin 1966), multipliant les conquêtes et roulant dans une spectaculaire Bentley blanche (la première d’une longue collection de voitures de luxe et un véhicule beaucoup utilisé puisque Nino a une peur bleue de l’avion et assure toutes ses tournées en voiture – au grand désespoir de ses musiciens, comme en témoigne aujourd’hui encore Manu Dibango), mais met une première fois les points sur les i en indiquant bien son territoire avec Je voudrais être Noir (même disque), dans lequel il cite ses références : Ray Charles, James Brown et Wilson Pickett.

Côté jardin, l’homme peut surprendre son entourage par sa capacité à changer radicalement d’humeur en quelques instants, et ses colères font trembler les murs.

L’aisance financière va également lui permettre de s’offrir sa première maison, une propriété qui va jouer un rôle important dans les années qui viennent. Après avoir quitté le domicile familial du quai Louis Blériot pour louer un studio à Boulogne, il achète La Martinière en 1968. Cette grande demeure de Rueil Malmaison « est en endroit qui ressemble à la Louisiane, à l’Italie. (…) On dirait le Sud, le temps dur longtemps… ».

Installée dans un parc à l’abri des regards, la bâtisse évoque effectivement le charme indolent du Sud des Etats-Unis avant la guerre de Sécession, et inspirera à Ferrer son plus grand tube. Pour l’heure, 1968 est pour lui une année importante, puisqu’à côté de l’acquisition de La Martinière, il rencontre et engage cette année-là Jacqueline Monestier, dite Kinou, jeune Parisienne de bonne famille qui va gérer sa vie durant trente ans et lui donner deux fils. Devenue compagne puis épouse, Kinou assurera toujours ses fonctions d’assistante dévouée et efficace.

Toujours de nationalité italienne (il ne prendra la nationalité française que dans les années 80), Nino est également très célèbre de l’autre côté des Alpes, y participe à de nombreux festivals et y anime une émission télévisée très populaire, qui le voit faire des pitreries et amuser la galerie. Le générique de l’émission est par ailleurs représentatif de l’humour un peu pince-sans-rire de Nino, qui le montre déambuler dans la campagne cigare aux lèvres au volant d’une voiture luxueuse avant que le chanteur entre en scène en direct au… guidon d’un vélo miniature ! Partageant son existence professionnelle entre Paris et Rome, en cette fin de décennie Nino hésite entre ces deux ports d’attache. Commence une période de profonde remise en question, qu’il décide d’aborder en rompant radicalement ses attaches, et s’installe à Rome avec Kinou. Le couple va y rester dix-huit mois, période pendant laquelle Nino monte un groupe avec lequel il enregistrera le premier disque qui lui ressemble vraiment : Rats and Rolls, pour lequel il officie pour la première fois en tant que directeur artistique et directeur d’orchestre, un rôle qu’il n’abandonnera jamais plus sur aucun de ses disques à venir : il aura désormais la totale maîtrise de chaque nouvel opus, de la composition jusqu’à l’orchestration, l’enregistrement et les arrangements. Nous sommes bien loin, effectivement, de l’image du chanteur à minettes des fall sixties.

Côté vie privée, 1970 est aussi l’année d’une courte liaison avec Brigitte Bardot, alors véritable mythe vivant, dont Nino a toujours déclaré qu’elle représentait pour lui la femme idéale. Dans ses Mémoires (Grasset, 1996), BB se souviendra de lui comme d’un homme « gentil, timide, nostalgique, vrai et extrêmement sensible ». Lorsque la star met fin à leur liaison, Kinou a quitté  Rome et regagné Paris, où Nino s’empresse d’aller la récupérer.

Et c’est un Nino plus mûr, comme calmé, qui quitte le pays paternel où il n’a pas trouvé la liberté qu’il escomptait (il dénonce pêle-mêle le poids de la censure, l’inclination nationale pour la magouille et l’inertie de l’administration – pour être honnêtes, il faut dire que Nino abhorre l’administration sous toutes ses formes) et se réinstalle à Rueil, avec Kinou.

Musicalement, l’époque est alors aux concept albums, dans la foulée du Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles, et Nino annonce bientôt travailler désormais à ce qu’il appelle lui-même son « premier album » – ce qui est dire le peu de considération qu’il a pour ses créations passées, même s’il ne reniera jamais celles-ci. En France, le nouveau courant est marqué par L’histoire de Melody Nelson de Gainsbourg, et surtout en point d’orgue l’exceptionnel Polnareff’s, et Nino est à présent plus influencé par Santana et les Pink Floyd que par les ténors du jazz. Métronomie sort en 1972 et reçoit un accueil enthousiaste de la critique, qui souligne la mutation opérée par le chanteur.

Le grand public passe en revanche totalement à côté de l’album. Qu’importe : comme le souligne alors Paris Match : « Nino Ferrer a atteint son but : il ne fait plus rire ». Métronomie marque un virage pour Nino, qui a changé de public et s’adresse désormais à des amateurs plus cultivés musicalement. Aucun album à venir ne poussera aussi loin les recherches sonores et musicales, ni même texturales : il s’y est investi comme jamais.

Nino rencontre le musicien anglais Mickey Finn à St Tropez où il se produit, durant l’été 1972. Les deux hommes se reconnaissent vite et s’entendent immédiatement si bien  que dès la rentrée, Finn, son groupe et sa petite amie Jane s’installent à La Martinière pour préparer le prochain album de Nino. Commence alors une étonnante vie en communauté dont l’intendance est gérée par Kinou. Nino Ferrer & Leggs, qui reprend à son compte le rythme du pop-rock anglais, sera enregistré dans les conditions d’un concert, avec un son plus épuré que celui du complexe Metronomie.

Le miracle du Sud

C’est dans ce contexte que naîtra Le Sud, fin 1973. Musicalement parlant, le début des années 70 est marqué par le règne des chanteurs à minettes bien coiffés mais guère audacieux artistiquement : Claude François, Joe Dassin, Dave, Mike Brant… Nino y fait tâche. Il est celui qui refuse de rentre les armes face au système. Professionnellement, il veut désormais enregistrer en anglais, qu’il parle couramment, afin de fournir des disques plus universels, et se heurte en cela à sa maison de disques.

Personnellement, il est touché par la grâce de son statut de jeune papa (son premier fils est né début septembre), et porté par le charme de La Martinière il compose en ce mois de septembre une chanson imprégnée de la douceur de vivre et de l’harmonie de son univers. Fin septembre il l’enregistre au studio Trident de Londres, qui a vu passer les Beatles, Queen, Bowie et T Rex. Il voudrait en faire une sorte d’Autant en emporte le vent musical et n’est pas satisfait du premier résultat : South sera repris à Rueil au printemps ’74. Pour lui donner les meilleures chances, Nino a fait installer un studio d’enregistrement professionnel à La Martinière et s’est adjoint la collaboration de Patrick Orieux, l’un des meilleurs ingénieurs du son français, qui s’installe sur place et se consacrera désormais exclusivement à ses disques.

Et puis il y a Radiah Frye (la mère de Mia, ndlr), arrivée à La Martinière dans le courant de l’été au bras d’un ami de Nino. Venue à Paris pour les défilés haute couture, cette black beauty mannequin, comédienne et danseuse, a éprouvé un coup de foudre pour le lieu et la bande de copains qui l’habite, et s’est installée en France. L’ayant entendu chanter, Nino a rapidement envisagé de la faire participer à son prochain album, avant de décider de mixer leurs deux voix pour Le Sud.

L’enregistrement de l’album reprend au printemps, avec six musiciens noirs américains. A part South, il compte plusieurs perles, comme Moses ou The Garden, et Nino est très conscient d’avoir réalisé là une œuvre majeure. Avec ce disque il s’est vraiment fait plaisir, sans aucun calcul commercial (il sait pertinemment que l’enregistrement en anglais le coupe du grand public) : ce disque, c’est lui. Aussi pique-t-il une de ses fameuses colères lorsque le D.A. de Barclays, avec qui il est alors en pleine renégociation de contrat, ne veut pas entendre parler de South en anglais.

C’est la goutte d’eau : Ferrer quitte Barclays. Il retrouve Richard Bennett, son complice des premières années, devenu D.A. chez CBS, qui reste sans voix lorsqu’il découvre la chanson, mais explique à Nino (au lieu de le lui asséner, comme on l’a fait chez Barclays) qu’il serait vraiment dommage de ne pas disposer d’un enregistrement en Français. Qu’à cela ne tienne : Nino lui sort les paroles de Le Sud, version française de South. Convaincu de tenir un tube, Bennett pèse de tout son poids pour que CBS signe Nino dans l’urgence. Bien lui en prend : Le Sud se vendra à plus d’un million d’exemplaires et intègre l’inconscient collectif national. Une anecdote révèle ici parfaitement l’entêtement qui pouvait être celui de Nino : opposé à cette version française, le chanteur refusera toujours que cette version figure dans l’album Nino & Radiah, et il faudra attendre l’avènement du CD, des années plus tard, pour que ce soit chose faite. Il se montrera tout aussi intraitable concernant la photo de couverture de l’album, pour laquelle Patrick Demarchelier avait été pressenti ; Refusant le célèbre photographe, Nino demandera à son ami Richard de faire lui-même la photo, en plein hiver 73-74 dans le parc de La Martinière. La photo est exactement telle que Nino l’a imaginée et voulue.

Il y a une vie après Le Sud

Nino Ferrer ne retrouvera jamais le succès du Sud. Malgré nombre de très beaux morceaux l’album suivant, qui ne bénéficie d’aucune promotion de la part de CBS, est un bide commercial, et par mesure de représailles envers le désintérêt de sa maison de disques, Nino refuse toutes les émissions de radio et de télévision qu’on lui propose.

Mais il reste devoir un troisième disque à CBS. Ayant découvert le château de Blanat, dans le Lot, où Gilbert Montagné et ses musiciens enregistraient, Nino et Kinou s’y installent pour enregistrer l’album éponyme avec Mickey Finn, retrouvé pour l’occasion. En l’absence des musiciens de ce dernier retenus par la tournée de David Bowie, ce sont ceux de Montagné qui assurent la partie instrumentale.

Mais la mayonnaise ne prend pas entre eux et Nino, et il faut attendre le retour du groupe de Finn pour terminer l’enregistrement en une petite dizaine de jours, musiciens et Ferrer retrouvant à Blanat la symbiose qui avait si bien fonctionné pour Nino Ferrer & Leggs. Pour Nino et Kinou, ces trois mois n’auront pas été totalement perdus : profitant des relâches pour visiter les propriétés à vendre aux alentours, le couple a fini par découvrir La Taillade, à une trentaine de kilomètres de Cahors. Ils ont le coup de foudre pour cette bastide du XVème siècle isolée de tout.

Nous sommes en décembre 1976, l’enregistrement est terminé. Personnel, qualitatif. Nino ne sait que trop que CBS n’offrira pas à l’album la promotion qu’il mérite. Aussi décide-t-il de livrer à la maison de disques l’album qu’elle mérite à ses yeux, et écrit Véritables Variétés Verdâtres dans l’urgence. Enregistré à La Martinière début ‘77, l’album renoue avec la verve populaire qui a fait le succès des Mirza et autres Téléfon. Réunissant nombre de partenaires des vingt années passées, il s’annonce comme un adieu, une boucle bouclée. Comme prévu, CBS enterre le disque.

Ce désaveu n’affecte pas Nino : il est déjà à son nouveau projet, s’installe à La Taillade avec Kinou et leurs deux fils, y épouse celle-ci, y réinstalle son studio d’enregistrement et y reprend les arrangements de l’album Blanat, enregistré deux ans plus tôt. Le disque sort en septembre 1979, séduit la critique et permet à Nino de se rappeler au bon souvenir d’une jeunesse qui n’a pas connu les années 60.

Enfin apprécié du public qu’il souhaitait, il n’en demeure pas moins très remonté contre le système et ne cache pas ses états d’âme au cours d’une interview réalisée par l’AFP avant son prochain passage à l’Olympia. Le chanteur y critique ouvertement les deux grands animateurs de l’époque : Michel Drucker et Jacques Chancel, auxquels il reproche de ne jamais le recevoir. Le retour de bâton ne se fait pas attendre : le voici littéralement interdit d’antenne sur les radios, il n’aura pas de promo pour son Olympia. La soirée affichera pourtant complet. Ce sera ensuite Bobino, où il joue une semaine à guichets fermés en 1982.

La vie s’est organisée à La Taillade, qui accueille Mounette, la mère de Nino, depuis que son mari les a quittés, en 1981. Lorsqu’il ne donne pas de concerts, Nino s’y est découvert une nouvelle passion pour la peinture et s’exprime sur un registre à mi-chemin entre surréalisme et art naïf. Cette activité lui apporte une sérénité nouvelle, libérée de l’insatisfaction des enregistrements : le studio ne servira pas pendant quatre longues années. Début 90 et alors que les sixties connaissent un retour de mode, une compilation Barclays relance Nino Ferrer auprès des jeunes. Le temps semble parti pour durer longtemps à La Taillade, et Nino n’y livrera plus que deux albums, en 1991 et 1995, consacrant désormais l’essentiel de son temps à la peinture.

Début ’98 il veut pourtant réaliser un album dont on devine qu’il sera le dernier, qu’il a déjà prévu d’intituler Suite et fin et qu’il souhaite partager avec le plus jeune de ses fils, également musicien. Mais avant que ce projet puisse prendre forme, la mort de Mounette fin juin, au terme d’une lente agonie, dévaste Nino. A un médecin venu l’ausculter parce que son comportement devient inquiétant, Nino annonce au mois d’août son intention de se donner la mort dans les jours qui suivent. A Kinou catastrophée qui lui demande de placer son mari sous médication, le médecin précise que « ceux qui annoncent qu’ils vont se suicider ne le font jamais » et prescrit un traitement aux anxiolytiques. Pour le repas d’anniversaire de Kinou, le 12 août, Nino s’occupe du plan de table et se montre plus attentif que jamais envers ses invités. Le lendemain il s’habille comme pour une séance photo, veste, panama et cigare, prend sa voiture et se rend sur un plateau désert où il se tire une balle dans le cœur.

Nino Ferrer ne voulait pas de fête pour ses soixante-quatre ans, ce jour-là a lieu sa cérémonie funèbre dans les jardins de La Taillade.

A lire :

Nino Ferrer du noir au sud, par Christophe Conte et Joseph Ghosn, éd. N°1 (2005).

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