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Gianni Agnelli, dernier Roi d’Italie

L’Italie est une république dirigée par les princes de l’Eglise, les reines de beauté et les empereurs de l’industrie. Au-dessus d’eux ne se trouvaient guère que le Pape et L’Avvocato. Le petit-fils du fondateur de Fiat (Fabbrica italiana automobili Torino) est né le 12 mars 1921 à Villar Perosa, près de Turin. Issu par son père Edoardo Agnelli de la bourgeoisie industrielle, et par sa mère Virginia Bourbon del Monte de l’aristocratie italienne, il fera des études de droit dans la capitale piémontaise avant la guerre. Pilote de chars, il combat brillamment en Afrique où il est blessé, et voit arriver la fin des hostilités au poste d’officier de liaison avec la Vème armée américaine du général Clark. Il n’en faut pas d’avantage pour en faire un jeune homme très en vue.

 Après une tumultueuse liaison avec Pamela Harriman entre 1948 et 1953, le séduisant héritier mène une vie de plaisirs et de nonchalance. Sportif accompli, le fils du fondateur de la station de sports d’hiver de Sestrières jouit d’un physique athlétique et d’un charme redoutable. En novembre 1953, le noceur invétéré épouse la princesse Marella Caracciolo di Castagneto au château d’Osthoffen, en Alsace. Son beau-père, le prince Filippo, premier Secrétaire général du Conseil de l’Europe, établi à Strasbourg, y a pris ses quartiers dans la demeure familiale des Grouvel. Le jeune couple tient sa place dans la jet-set internationale. Peut-être un peu lassé par une vie de mondanités, Gianni (surnommé ainsi afin de le distinguer de son grand-père Giovanni) Agnelli succède en 1966 à Vittorio Valletta (qui a assuré la régence pendant presque vingt années, depuis le décès du fondateur, en 1945) à la tête de Fiat et prend les rênes du groupe familial.
 

Au travail à 46 ans

La vie va indéniablement continuer de lui sourire, même si son parcours sera émaillé par les réussites et les vicissitudes de la firme turinoise. Sous son règne, le groupe familial ne cessera de prendre de l’ampleur, jusqu’à représenter 4,4% du produit intérieur brut italien, et 16,5% des investissements du pays en matière de recherche et développement. Précurseur en bien des domaines, Gianni Agnelli ouvrira des usines Fiat dans toutes les parties du monde, de l’Union soviétique à l’Amérique du Sud. En soutenant technologiquement la création de la marque Lada, il jette les bases des premières coopérations économiques au-delà du rideau de fer. « Pour nous, déclarera-t-il quelques années plus tard, cette opération était nulle en terme de bénéfices. Mais ce projet – une idée de Valletta – a été très constructif parce qu’il a fait de Fiat le premier producteur automobile mondial ». Agnelli admirait beaucoup Vittorio Valletta. Le « régent » avait non seulement su protéger les intérêts de la famille, mais aussi développer le groupe dans toutes sortes de secteurs, tout en conservant une position dominante dans son cœur de métier. Pour l’Avvocato, il était l’un des grands noms de l’automobile et faisait partie de ses références, avec Joachim Zahn chez Mercedes, Lee Iacocca pour Chrysler et Henry Ford. Visionnaire quant à l’internationalisation des échanges, Agnelli marqua aussi ce secteur industriel, notamment en tissant un réseau d’alliances serré. Ses audaces, comme le lancement massif de la Fiat 500 ou la cession de 10% des actions Fiat à une société liée au colonel Kadhafi en pleine première crise pétrolière, marquèrent les mentalités industrielles de l’époque.

Décidant d’ouvrir le capital de Fiat Auto à General Motors au début des années 2000 il devint, grâce à un accord plus qu’habile, le principal actionnaire du constructeur américain avec 6% du capital, tandis que le groupe de Detroit recevait 20% du capital de Fiat division Automobiles. Ainsi armé, le groupe turinois pouvait affronter la tempête financière et économique. Hélas, luttant contre un cancer, Agnelli dût peu à peu passer la main, sans se départir des honneurs dus à son rang – comme il le fit tout au long de sa vie.

Il avait ainsi été fait Chevalier grand-croix de l’Ordre du Mérite de la République italienne, la plus haute distinction du pays, le 27 décembre 1967. Il sera honoré de façon plus marquante en 1991, en étant nommé sénateur à vie. Inscrit au sein du Gruppo per le Autonomie, il siégera au sein de la Commission de la défense du Sénat italien jusque dans les derniers mois de sa vie. Avec l’assurance de soi et la liberté que confèrent la naissance, l’intelligence, la fortune et le pouvoir, Gianni Agnelli fut difficile à cataloguer sur le plan politique.

Sans doute parce que sa clairvoyance et sa malice d’entrepreneur prenaient le dessus sur les idéologies. Ses rapports avec la gauche italienne, spécialement avec le PCI d’Enrico Berlinguer, furent significatives des relations de l’industrie avec les forces politiques ; particulièrement avec les syndicats, ces derniers subissant une défaite mémorable dans les années quatre-vingt à la suite d’une grève générale paralysant l’appareil de production, qui fut brisée par la fameuse « marche des Quarante-mille », ainsi dénommée en référence au nombre d’ouvriers qui retournèrent dans les usines et reprirent le travail. Peu après les « années de plomb », cette action marqua un tournant et la brutale perte d’influence des syndicats en Italie.  

Le malheur frappe en 1997. Giovanni Agnelli, dit « Giovannino », fils de son frère Umberto, disparaît brutalement, foudroyé par un cancer. Agé de trente-trois ans, le jeune homme était appelé à prendre la succession de Gianni à la tête de Fiat. Seconde épreuve en 2000, avec le suicide de son fils Edoardo, à l’existence marginale. A la disparition du commandeur, le 24 janvier 2003, son petit-fils John Elkann, dit Jaki, premier des huit enfants de Margherita Agnelli, fille de Gianni, prendra la relève. Mais c’est aujourd’hui son petit-fils Lapo Elkann, né en 1977 à New-York, qui se met le plus en avant, essentiellement pour son style tapageur et voyant. En charge de quelques projets spéciaux au sein du groupe Fiat, le jeune homme a créé en 2007 sa propre marque de vêtements de luxe, baptisée Italia Independent. Sans doute faut-il voir là la fibre familiale pour l’entreprise.

Un modèle d’élégance

Capitaine d’industrie mais aussi homme du monde, Gianni Agnelli était réputé pour son humour et sa culture. Homme raffiné, il collectionna les œuvres d’art dans la villa baroque de Villar Perosa, et légua un immense patrimoine de tableaux à la ville de Turin en 2002, mettant son extraordinaire pinacothèque à la disposition de ses concitoyens. Dans un registre plus léger, mais qui semble-t-il compta aussi pour lui, Vanity Fair le désigna en 1970 comme « l’homme le plus élégant de l’année ».

Il est vrai que, sa vie durant, ce sportif à la carrure de colosse, sans cesse en mouvement, ne manquera ni de panache, ni de style. Au petit jour, un jet privé blanc se pose sur la courte piste du petit aérodrome de La Môle, sur les hauteurs de Saint-Tropez. En chemise de chambray et doudoune sans manches en plume d’oie, l’une de ses tenues favorites, Gianni Agnelli dévale la petite échelle de coupée. Il n’y a pas de paparazzi à cette heure pour le photographier. Pourtant, le grand patron a déjà donné son coup de téléphone quotidien, sur le coup de six heures du matin, au président de la Juventus, Giampiero Boniperti.  Tous le croient à Monaco pour les essais du Grand Prix. Mais échappant aux regards indiscrets, l’Avvocato est toujours là où on ne l’attend pas.

Son yacht mouillait dans une crique isolée plutôt que sur le ponton d’honneur. Dans moins d’une demi-heure, il serait à la barre de son voilier. L’un de ses pêché mignons. Il plongera nu dans la Méditerranée pour savourer les délices d’un bain après avoir tiré quelques bords. En toute fin d’après-midi, il repassera par son bureau pour signer le courrier du jour, avant d’assister à une première d’opéra avec son épouse, pour lui être agréable. Loin des exubérances et des extravagances, Gianni Agnelli cultiva toujours un mode de vie, certes extraordinairement luxueux, mais entouré de secret et de discrétion.

S’il roule à la ville dans les berlines de haut de gamme du groupe Fiat, souvent des Lancia, il pilote des Ferrari uniques, réalisées sur mesure par les plus grands carrossiers, comme sa 400 Superamerica S1 Speciale Coupe Pinin Farina, en 1959, la 365P au poste de pilotage central de 1968, et jusqu’au roadster Testarossa des années quatre-vingt spécialement imaginé pour lui par Ferrari, devenu le joyau de son empire en 1969. En août 2000, pour le mariage de son collaborateur Luca di Montezzemolo, désormais à la tête de la marque, il lui offre une F360 Barchetta. A sa mort, le 24 janvier 2003, la monoplace de F1 fut baptisée F2003 « GA ». Une fois de plus il lançait une mode.

Qu’il assiste au conseil de direction d’Iveco des desert boots aux pieds sous un complet de flanelle, et la semaine suivante tous les administrateurs portaient des Clark’s… mais lui avait déjà chaussé ses bottines d’alpinisme ou des mocassins à picots Miserrochi.  Au début des années quatre-vingt-dix, plus personne ne portait de cravate en maille, en tricot de soie ou en cachemire épais. Il lui suffira d’en nouer une, chevauchant un pull-over, pour relancer la vogue. Le succès des car shoes lui doit beaucoup. Il fut le premier à en porter avec un costume de ville, quand ce n’étaient pas des bottines lacées d’alpiniste à l’épaisse semelle de gomme. La plupart du temps, il portait sous ses impeccables costumes croisés sur mesure, signés par le grand tailleur romain Caraceni, une chemise button down collar, genre Brooks Brothers, dont il laissait les pointes de col déboutonnées.

Le détail le plus célèbre, et le plus copié, reste bien entendu la montre-bracelet, signée des plus grandes manufactures, de Vacheron Constantin à Patek Philippe en passant par Jaeger-LeCoultre. Parfois une simple Swatch. Mais toujours portée sur le poignet de la chemise. Coquetterie ? Pas du tout : une référence à ses lointaines (très lointaines !) origines paysannes. Il fit sienne cette habitude des bergers piémontais, qui préservaient ainsi de l’usure anticipée provoquée par le frottement du bord du poignet sur le boîtier de la montre la chemise, souvent unique, qu’ils portaient sous leur costume du dimanche. Peut-être est-ce dans les détails que l’on peut se faire une idée du caractère d’un homme, même s’il serait bien présomptueux de prétendre résumer un personnage aussi complet, singulier et complexe que le fut Giovanni Agnelli ; sans doute le dernier vrai roi d’Italie.